mardi 21 mai 2013

Les Hérauts de Valdemar de Mercedes Lackey

Informations :
Auteur : Mercedes Lackey
Titre VO : The Heralds of Valdemar
Intégrale regroupant : Les Flèches de la Reine / L'Envol de la Flèche / La Chute de la Flèche
Éditeur : Milady
713 pages
12,90€


Quatrième de Couverture :
À treize ans, Talia devra bientôt se marier alors qu'elle ne rêve que d'aventures et des légendaires Hérauts de Valdemar. Pourtant, elle est bien loin d'imaginer ce qui l'attend lorsqu'elle croise la route d'un Compagnon, un de ces splendides chevaux qui choisissent les Hérauts.
Car Rolan n'est pas un Compagnon ordinaire... En jetant son dévolu sur la jeune fille, il réalise son rêve mais la charge également d'une tâche bien lourde : celle de veiller sur la princesse héritière, Elspeth.
Destinée à devenir le Héraut Personnel de la reine, Talia va devoir faire face à d'innombrables dangers. Son apprentissage et son passage de l'enfance à l'âge adulte se feront au prix de nombreuses épreuves, qui pourraient bien lui briser le corps et l'esprit...


Mon Avis :
Une petite note personnelle avant d'entamer la chronique en elle-même pour saluer Magali Villeneuve et la magnifique couverture qu'elle nous propose ici. C'est le genre d'illustrations qu'on a envie d'avoir en grand format, d'encadrer et d'admirer chaque fois que l'on passe devant. Couplée à mon amour pour la fantasy et les chevaux, il n'en fallait pas plus pour m'attirer dans les prémices du cycle de Valdemar.

Ces romans ont beau avoir été publiés en 1987-1988 aux États-Unis, on ne sent pas leur "âge".

Les Flèches de la Reine - Dans ce premier livre, nous partons à la rencontre de la petite Talia, le nez plongé dans les bouquins, au grand dam de sa famille. Elle évolue au sein d'une communauté très puritaine où tout doit être carré, dans le corps comme dans l'esprit, et où les hommes possèdent de véritables harems. Dans ce coin reculé à la frontière du royaume de Valdemar, les femmes sont considérées ni plus ni moins comme des poules pondeuses et personne ne s'intéresse réellement à ce que pensent les enfants. Talia est différente des siens, elle rêve d'aventures, de rencontres, et des Hérauts : ces étranges cavaliers au service de la reine. On retrouve ici un peu les ingrédients de Harry Potter : une héroïne ayant trop tôt perdu sa mère, une famille exécrable, des rêves pleins la tête... et amenée à devenir une sorte d'Élue dans une société où elle ne trouvait pas sa place, non sans toutefois s'attirer l'inimitié d'un groupe de camarades quand elle ne le méritait pourtant pas. Je l'ai vraiment trouvée très attachante tant elle a du mal à réaliser ce qu'il lui arrive, à comprendre que certains rêves deviennent parfois réalité, envers et contre tout. Je l'ai parfois trouvée trop mature pour une gamine de cet âge, mais ayant été élevée à la dure, on peut le comprendre. Elle est comme un oisillon qui aurait choisi de sauter d'un nid infesté de vipères malgré des ailes encore trop fragiles pour la porter. Elle est timide et renfermée, elle craint de déplaire, de décevoir... de devoir rentrer chez elle dans le Nord, avec une punition pire que le mariage imposé qu'elle a refusé. Ce tome tourne donc autour des premières années de Talia au Collégium, sa scolarité, ses relations avec les autres dans un environnement qui lui est enfin favorable. J'ai beaucoup apprécié de la voir grandir au fil des pages et s'adapter petit à petit à sa nouvelle condition.

L'Envol de la Flèche - Après avoir suivi l'enseignement de Talia et découvert l'histoire du royaume de Valdemar et de ses sublimes Compagnons, nous retrouvons la jeune fille au seuil de l'âge adulte. Elle a maintenant dix-huit ans et s'apprête, malgré les intrigues de certains nobles de la Cour, à partir en mission de probation pour valider sa formation de Héraut et pouvoir ainsi prendre officiellement place aux côtés de la reine Selenay. Elle part sur les routes en compagnie de son mentor et bien sûr de Rolan, son Compagnon. On en découvre davantage sur son Don d'Empathie qui fait d'elle une amie comme tout le monde en voudrait : prête à faire preuve d'une totale abnégation pour le bien des autres. L'oisillon commence à battre des ailes, on suit ses premiers essais d'un œil attendri et tendu à la fois, effrayé de la voir faire une mauvaise chute le temps de pleinement maîtriser ses talents et l'avenir qui s'offre à elle. Elle laisse tout derrière elle et son chemin sera malheureusement jalonné d'épreuves, malgré son courage et sa diplomatie. Elle perd le contrôle de son Don alors qu'elle commençait à peine à s'ouvrir aux autres, à s'épanouir, à être elle-même, et les doutes reviennent en force pour mieux l'écraser. Avec son passé, il est difficile de dire qu'elle s'apitoie sur elle-même, surtout quand on apprend les tenants et aboutissants du chaos qu'elle traverse. L'auteure a parfaitement maîtrisé la chose même si certains lecteurs jugeront peut-être que cela dure trop longtemps. Son isolement devient à la fois physique et mental, et on ne peut s'empêcher d'angoisser sur ce que lui réserve l'avenir. C'est aussi pour elle le temps de s'interroger sur l'amitié et sur l'amour : où s'arrête le premier sentiment pour mieux laisser place au second ? Les Hérauts ont un mode de vie à part, même en ce domaine, et Talia portant encore en elle quelques traumatismes du formatage de son enfance, elle devra apprendre à se positionner de façon juste, pour elle comme pour les autres.

La Chute de la Flèche - Notre courageuse dame Héraut Personnel de la reine prend pleinement ses fonctions, et ses débuts au Conseil et parmi les Courtisans ne se font pas sans heurts. Sa petite protégée Elspeth est en pleine crise d'adolescence, tandis que de son côté, Talia se livre à une véritable partie de cache-cache avec celui qu'elle aime, cet homme avec qui elle partage un Lien pour la Vie, pourtant si rare chez les Hérauts. Les deux amoureux n'y prennent aucun plaisir. Ils manquent tous deux de confiance en eux, ne se croient jamais à la hauteur de ce qu'on attend d'eux alors qu'ils en font plus que la moyenne. Bref, c'est un peu le jeu de celui qui fuira le plus vite, avec tout le stress et la frustration que cela peut engendrer. Les choses déraperont petit à petit et un vieil ennemi refera son apparition de façon pour le moins inattendue. Les traîtres semblent être partout à la fois, se servant de leurs bonnes manières et de la politique pour mieux masquer leurs mauvaises intentions, et d'un rythme paisible, on dévalera la pente pour entrer de plein fouet dans le drame et l'action. Les derniers chapitres m'ont considérablement émue, je ne m'attendais pas vraiment à un tel renversement de situation, même si je sentais bien qu'il se tramait quelque chose dans l'ombre.

De façon générale au cours de cette lecture - J'ai trouvé dommage que les prologues des second et troisième tomes soient quasi identiques, surtout au cœur d'une même intégrale. Mais les coquilles assez nombreuses tout au long du texte m'ont bien plus agacée, la note étant donnée dès les premières pages où un joli "écureries" s'est glissé sur le plan du Collégium...

Le déroulement des événements m'avait paru jusque là trop calme. Certes, il y avait des incidents, mais rien de réellement notable ou conséquent. J'avais un peu de mal à voir où voulait réellement en venir l'auteure - à part nous conter l'histoire de la jeune femme issue de son imagination. Le cycle de Valdemar comprend une vingtaine de tomes, il paraît donc malgré tout logique que Mercedes Lackey en ait réservés un peu plus de deux pour présenter son héroïne et bien planter le décor de ce monde riche et fascinant, où la magie vient lentement se mêler aux facultés psychiques. Le premier tome de l'intégrale donne une légère impression de mini-série, où on découvre les aventures de Talia par épisodes chaque fois que l'auteure choisit de sauter quelques mois, voire même années. L'intrigue devient ensuite plus régulière, avec par moment des changements de narrateur pour nous plonger dans le point de vue de plusieurs personnages sur un même fait. Cette technique dynamise l'ensemble tout en nous permettant de mieux cerner les gens impliqués.

En conclusion, je dirais que cette lecture a vraiment été très agréable et Talia et ses amis, des personnages plaisant à suivre, auxquels on ne peut que s'attacher. Avec un tel dénouement, j'ai clairement hâte de découvrir le reste du cycle, pour voir à la fois ce qui adviendra de chacun et pour en apprendre encore plus sur l'Histoire de ce monde, et sur le lien et la nature véritable de ces mystérieux chevaux que sont les Compagnons. Talia est une héroïne humaine, proche de nous de par ses doutes et ses faiblesses, quand une telle position donnée si tôt dans la vie aurait facilement pu corrompre sa façon d'être.

lundi 20 mai 2013

Insaisissable : Ne Me Touche Pas de Tahereh Mafi

Informations :
Auteur : Tahereh Mafi
Titre VO : Shatter Me, book 2 : Unravel Me
Saga : Insaisissable
Edition : Michel Lafon Jeunesse
453 pages
16,95€

Quatrième de Couverture : 
Réchappée des griffes du terrible Warner, Juliette trouve pour la première fois la force de se battre et de rêver à un avenir avec Adam, celui qu’elle croyait avoir perdu pour toujours. Mais Warner n’a pas l’intention d’abandonner sa proie.
De retour à la base, tout en se remettant de sa blessure presque fatale, le fils du dictateur, Warner, doit contrôler ses soldats et réprimer toute forme de rébellion dans le secteur qu’il dirige. Toujours aussi obsédé par la fuite de Juliette, il veut avant tout la retrouver, quoi qu’il lui en coûte. Il n’a pas non plus oublié ceux qui ont permis l’évasion de la jeune fille, Adam et Kenji, à qui il compte bien faire payer cher leur trahison.
Mais quand le Commandant Suprême, le père de Warner, arrive pour corriger les erreurs de son fils, il est clair que le sort de Juliette ne lui tient pas tant à cœur. Warner ne peut pourtant pas courir le risque de perdre celle qu’il considère comme la clef de voûte de son plan de victoire secret…"


Mon Avis : 
Le premier tome m'avais déçue, je m'attendais à mieux concernant ce livre que tout le monde encensait. Certes, la plume est jolie, mais ça ne fait pas tout un récit. J'ai donné une deuxième chance à cette trilogie avec le deuxième tome qui n'a pourtant pas répondu à toute mes questions malgré que l'auteur me disait qu'on en saurait plus sur le monde dystopique. 

Au niveau de l'intrigue c'est déjà un peu mieux, d'autres personnages entrent dans la danse et l'enjeu final est important. Tous nos personnages sont dans une course contre la montre mais ne le savent pas encore. Le danger guette. Le danger Rôde. J'ai mieux apprécié ce deuxième tome par rapport au premier car c'était une véritable ouverture sur le monde de Juliette. Même si l'ouverture est limitée, on en sait davantage. Le premier était une mise en place à vous rendre claustrophobe. Etant donné que tout est du point de Juliette, il était logique qu'on en sache pas des masses sur ce qu'il s'est passé dans le monde quand elle a été incarcérée. 
D'où mon attente, je voulais absolument savoir ce qui s'était passé. Mais je n'ai pas été totalement satisfaite. L'auteur reste en surface concernant l'historique dystopique du monde auquel elle a initié ses lecteurs. On en sait davantage mais il manque un grand bout pour dire de comprendre comment cette tyranie qui semble s'être étendue à la terre entière. Le pourquoi du comment reste un gros point d'interrogation auquel je crains ne jamais avoir de réponses. Du coup, j'ai zappé ce détail qui pour moi était la plus belle promesse que j'attendais au tournant pour me tourner vers les personnages et leur enjeu monstrueux. A partir de ce moment, j'ai déjà un peu mieux apprécié ma lecture mais un autre point noir est du coup venu s'ajouter à la promesse non tenue de l'univers qui aurait dû être complété. Je n'en boude pas pour autant ma lecture qui m'a pressée le coeur sur la fin. je sais que je devrais, du coup, lire sous un autre angle : celui de l'objectif de Juliette. 
En somme c'est en demi-teinte que je ressors de ma lecture. Je m'attendais à bien mieux, mieux construit et une Juliette plus fort et plus ouverte. Ce troisième tome sera celui de tous les espoirs.

Dans ce tome-ci on retrouve une Juliette qui se doit de se découvrir afin d'appréhender l'étendue de son pouvoir qui se manifeste de manière incontrôlée. Mais elle est aussi censée s'ouvrir aux autres et là le bas blesse. On retrouve une Juliette fermée et apeurée qui de par cette réaction fera forcément peur aux autres vu qu'elle ne donne à personne l'occasion de la connaître. A un moment cette mise à l'écart auto-subie est un peu fatigante. Mais le plus fatigant reste tout de même son égocentrisme. Elle ne pense qu'à elle et pour elle. Elle se laisse submerger par les émotions pour finir par penser et regretter pour un bon moment et se plaindre intérieurement. C'est fatigant ma petite Juliette. La fin du livre laisse espérer une jeune femme plus forte et plus décidée que jamais. Mais je ne vais pas me faire de faux espoir. 
Mon coup de coeur c'est Kenji (épouse-moi toi et ton humour pourri êtes l'homme presque parfait pour moi), qu'est-ce que j'aurais voulu le connaître un peu plus. Pétillant, de l'humour et un caractère bien trempé résume ce personnage haut en couleur qui sait jouer de sa personnalité pour rendre le sourire à n'importe qui, même à Juliette (si si).

Je pense que j'en attendais bien trop de ce livre. D'où ma demi déception. Mais je crois que même outre mes attentes par rapport à mon entrevue avec l'auteur, je n'aurais pas été satisfaite du décors dystopique. C'est un sous-genre tellement à part qu'il peut presque s'avérer de l'historique s'il est bien traité en profondeur, ce qui le rend exigeant à mes yeux. Mais je sais à quoi m'attendre pour le troisième tome et sais où je dois fermer les yeux concernant les détails. Outre ça et Juliette, j'ai apprécié ma lecture, c'est le paradoxe. Mais si on enlève Juliette il n'y a plus d'Insaisissable ... du coup, je compose comme je peux. Meilleur que le premier, mais pas exceptionnel non plus.

Le Temps Contre Nous de Tamara Ireland Stone

Informations :
Auteur : Tamara Ireland Stone
Titre VO : Time Between Us
Editions : De La Martinière Jeunesse Fiction
448 pages
14,90€

Quatrième de Couverture : 
1995.
Il ne se passe pas grand chose dans la petite ville d’Evanstone. Aussi, quand Bennett, intègre le lycée en cours d’année, Anna Green est aussitôt attirée. Mais Bennett est solitaire et mystérieux et, s’il semble apprécier Anna, il garde ses distances.
Jusqu’au jour où Bennett sauve Anna d’un cambriolage, apparaissant à ses côtés comme par magie. Il lui révèle alors son secret : il vient du futur ! De 2012, plus exactement. Et son temps est compté, car il est venu chercher sa sœur qui s'est égarée lors d'un voyage temporel.
Pourtant, Anna et Bennett vont s'aimer. Ensemble, ils parcourront le monde avec cette seule obsession : que leur amour reste fort et bien vivant. Qui sait s'il ne parviendront pas, ainsi, à vaincre l'implacable logique du temps…

Mon Avis :
J'ai hésité quant à la lecture de ce livre. L'amour, le temps étant les principaux ingrédients de ce livre, j'en ai redouté la lecture. Faut dire que Parallon c'est un peu la même sauce mais amenée de manière plus farfelue et que le livre m'avait laissée dubitative. Mais finalement, l'auteur traite de ces deux grandes lignes avec une logique qui m'a transportée ...

Anna est une jeune fille américaine typique. Son cadre familial est classique : famille unie, parents étant prêts à des sacrifices pour lui offrir la meilleure éducation scolaire et tout ce qu'il y a autour. Ce cadre fait d'Anna une jeune fille saine et en pleine possession de ses moyens physique et psychologique. Pourtant sa vie va basculer sans qu'elle ne le sache sur le moment même. Elle s'en rendra compte bien des années plus tard ... Un amour qui la suivra dans le temps mais pas à la manière dont on pourrait le penser ! 

Ce qui m'a, avant tout, scotchée dans ce livre : la logique. On peut retourner les différents évènements et les révélations faites par Bennett à différents moment mais il n'y a pas un faux pas. On voit que l'auteur a voulu quelque chose de logique tout en gardant une part de fantastique. Et c'est chose faite et haut la main s'il vous plaît.
Au fur et à mesure de ma lecture j'ai ressenti une course contre la montre, mais on en connaît pas vraiment la raison. C'est là. Un ressenti. Anna vit une chose unique. Une chose pour laquelle elle a le choix sans vraiment en connaître la portée. C'est là que ça devient intéressant et où la confusion va faire basculer bien des choses et dont elle prendra conscience bien plus tard. Bennett est pressé par une mission et Anna par son coeur et l'impression de pouvoir le perdre à tout moment. Il considère son don comme une malédiction pourtant il a permis a sa famille de changer de situation. Un don qui est régi par des règles qu'il a étrenné.
Ce livre étant un one-shot, il m'est difficile de vous en parler. La moindre révélation pourrait être du spoil. Je vais donc penser en terme de structure d'histoire. Tout étant du point de vue d'Anna, on ressent sa frustration car on voit certaines choses qui nous paraissent juste impossible. On ignore ce qui se passe et quand on pense en apprendre, on en apprend toujours davantage derrière. Chaque révélation étant plus lourde à porter et plus lourde de conséquences. Chaque pièce rapportée est une nouvelle pièce au puzzle complexe que l'auteur a construit. 
Un puzzle efficace et poignant à certains moments du livre, pour ma part. Etant, avant tout, une romance la fin est cousue de fil blanc et attendue, elle ne m'a donc pas surprise outre mesure mais j'en suis relativement satisfaite. La chute aurait pu être terrible, mais il manquait la petite chose qui fait que j'aurais pu prendre le roman et le serrer fort dans mes bras en regardant le plafond et en me disant : wahou ! 

J'ai beaucoup aimé Anna. Simple et pourtant passionnée dans une certaine mesure. Anna est le genre de jeune fille que j'aurais pu être (il est loin ce temps ...). Terre à terre, elle aura du mal à croire à certaines choses mais elle suivra la voie du coeur. C'est une fille attachante en somme. Mais il m'a manqué un petit quelque chose pour que j'ai pitié d'elle, que je ressente tout ce qu'elle ressente. Car bien que raisonnée, il lui arrivera de s'éloigner de sa conduite par pur égoïsme. Mais cet égoïsme bien qu'il semble justifié, aura d'autres conséquences inattendues. C'est un peu l'effet boule de neige, l'effet papillon.
Le personnage le plus intéressant pour moi reste Bennett. Jeune homme au don qui s'apparente à une malédiction pour lui. Don qui lui fait perdre un être cher et qui lui fera perdre confiance en ceux qu'il aime. Comment être certain de ceux qui nous entourent ? Comment être certains que les autres ne nous utilisent pas ? Voilà le moteur de ce jeune homme aux multiples ressources ... Il est clair que sans lui le livre perd tout son intérêt ...

On sent qu'avant l'écriture de ce livre, il y a vraiment un travail de réflexion, de construction à une fin bien précise (et à laquelle je tiens tant) : la cohérence. Je vais faire mon perroquet et dire que je suis scotchée. Vraiment. J'ai adoré cette manière d'amener les choses. Et rien que pour ça, je vais surveiller l'auteur. Car elle établit les règles certes. Mais on peut retourner le rubik's cube on en viendra toujours à cette logique. En ça je trouve le roman remarquable. Assez, du moins, pour qu'il retienne mon attention.

C'est Lundi, que lisez-vous ? [72]


"C'est lundi, que lisez-vous ?" est un rendez-vous où l'on parle de nos lectures actuelles mais aussi de celles passées et à venir. Initié par Mallou et repris par Galleane.

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine passée ?

   
Insaisissable 2 : Bien meilleur que le premier mais l'auteur ne vas toujours pas assez en profondeur concernant le décor et ce qui se passe. Passé ce détail j'ai vraiment bien apprécié cette lecture, mieux que la première (pas difficile, même si Juliette est agaçante).
La Révolte de Maddie Freeman : Une dystopie dans l'air du temps où l'auteur exploite l'actualité qui fait rage partout dans le monde pour nous servir une histoire des plus agréable à lire. En fait, je l'ai englouti. 

Qu'est-ce que je lis en ce moment ? 


    
Qu'est ce que je compte lire la semaine prochaine ? 



Et vous ? 

mercredi 15 mai 2013

La Griffe et le Sang de François Larzem

Informations :
Auteur : François Larzem
Edition : Le Pré aux Clercs - Collection Pandore
308 pages
16€

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Quatrième de Couverture :
« Cruauté et volupté entraînent l’ivresse du sang ».
Mina, jeune Tsigane au caractère trempé, trouve refuge avec sa mère dans une vallée des Carpates. Très vite, elles sont en proie aux tourments des villageois. Ils les obligent à porter un manteau à capuchon rouge, la marque d’infamie. Mais arrive un mercenaire vêtu de noir, à la beauté du loup qui décide de les protéger. Mina pense avoir trouvé la paix quand ses cauchemars commencent. Un chevalier à l’armure écarlate vient la visiter en songe : Vlad, jadis seigneur du pays, dont la réputation de cruauté le désignait comme Dracul, le fils du démon. Un lien les unit…

Mon Avis :
C'était un peu dubitative après ma lecture de Magies Secrètes que je me suis lancée dans cette lecture. Et finalement je regrette que le très bon La Griffe et le Sang ai souffert de mon appréhension car il est plus porteur pour la nouvelle collection Pandore.

Mina est une jeune fille meurtrie. Elle a perdu son père qui a voulu défendre une jeune fille aux prises d'hommes malintentionnés et ça a mal tourné. La voilà donc contrainte à fuir dans les Carpates car une vague de criminalité fait rage dans la ville où elles se trouvaient et qu'à elles deux, il est trop dangereux de rester. Sans compter sur la montée en puissance de l'ostracisme dont elles sont victimes au vu de leurs mode de vie tsigane. Malheureusement leur fuite ne sera pas de tout repos, entre lutte pour la vie et défense de leur propre dignité leur arrivé dans un petit village calme aura des allures de providences. Oui mais ... entre accueil toléré et intolérance mal cachée, le village sera lui aussi victime d'une vague de cruauté et les coupables semblent toutes trouvées ... 

Ce livre est une réécriture de différents mythes. Bien sûr on retrouve le petit chaperon rouge où il semble manquer le loup. Mais on y retrouve aussi les trois petits cochons qui vraiment sont des porcs. Tout y est pour appuyer là dessus. Leur crasse, leur puanteur à tuer un homme à trois mètres de distance (j'extrapole à peine), le groin (si l'auteur a poussé le détail jusque là) et leur maison : deux maisons sommaires qui tiennent à peine debout et une en pierre. Niveau mise en place de ces personnages on peut pas mieux faire pour les désigner comme les trois cochons (le mot petit est vraiment superflu et mensonger). Des porcs amoureux de la bière, des petits rats qui viennent les visiter tant il fait propre chez eux et des travers bien lâches sponsorisé par l'alcool (qui a trop bon dos). Mais l'auteur a eu l'audace, que j'applaudis parce qu'il fallait oser, de rajouter un autre mythe à savoir celui de Dracula. Un comte sanguinaire qui sévissait dans la région à tous ceux qui se dressaient contre lui. Mais il n'était pas que sanguinaire car au fil de l'histoire on se rend compte ce que Dracul avait un vrai rôle protecteur. On y retrouve également un autre mythe mais je ne vous en dirai pas plus pour ne pas vous ôter toute la surprise.
On pourrait penser que ces mythes ne font pas bon ménages une fois assemblés, sauf que c'est se méprendre sur les capacités de l'auteur à donner vie et cohérence à son récit. Ce livre m'a propulsé dans une autre dimension, celle des mythes vivants. Ceux qui font trembler une région, de ceux qui dégoûtent le lecteur profondément (vous avez vu, je suis traumatisée par ces trois frères). J'en ai beaucoup apprécié la lecture. Je vous avoue qu'au début je ne savais pas du tout où j'allais. Je lisais à l'aveugle et j'avais du mal à voir où l'auteur voulait nous emmener et dès que tout s'enchaîne on commence à lever un coin du rideau épais, la magie officie. J'ai eu du mal à lâcher les dernières 150 pages où on comprends que tout n'est pas ce qu'il paraît être. Sur la fin c'est du régal et je me suis dit "ah ouais, quand même" (ne retenez pas ces trois mots affreux pour représenter ma chronique, je vous vois venir, oui j'ai honte de mettre ça).

Le moins que l'on puisse dire c'est que Mina n'est pas épargnée. Que ce soit dans le deuil de son père et la fuite. L'auteur ne fait pas de cadeau et ne fait pas dans la dentelle non plus (j'y reviens après). Mais comme l'adage le dit si bien : ce qui ne nous tue pas, nous rends plus fort. Je n'irais pas dire que tout ce que Mina subira la rendra plus "dure", mais elle ne se laissera pas faire et fera montre d'un courage à presque tout épreuve (traduisez : elle est kick-ass avec la langue bien pendue qui va avec). Sur la fin, elle ira de révélations en révélations et plus elle en découvrira plus elle arrivera à un point de non-retour. Elle y perd autant qu'elle y gagne dans une certaine mesure. La maturité finira par l'emporter sur la fougue ... on aura droit à une belle évolution du personnage. 
Concernant les différents personnages, l'auteur n'y est pas allé de main morte. Entre les agressions physiques, les meurtres barbares et lubriques dont les villageois sont friands il n'épargne rien ni personne. La bienveillance en est-elle vraiment ? Que cache chacun des villageois ? Les mythes sont ils vraiment réels et d'actualité ? La raison ou la croyance de mythes ancestraux ? Autant de choses qui sont évoquées pour notre petit plaisir. 

On oublie la mièvrerie de certaines réécritures, on a ici un toute nouvelle réécriture du mythe de petit chaperon rouge brut de décrofrage. Mais pas que, pour notre plus grand bonheur. J'ai vu qu'il était dit que François Larzem est un conteur, ça se confirme à la lecture. L'auteur distille à merveille les informations et la magie. Ce livre c'est un "catch me if you can". On le lit, on ne sait pas trop où on va, on le repose pour y revenir et début du troisième tiers on commence à entrevoir certaines choses et on fait courir les pages pour "attraper" le fin de l'histoire. Vous l'aurez compris, c'est un ticket gagnant et une très jolie découverte de l'auteur et de sa plume poétique et brute que j'espère bien relire dans ses pérégrinations à travers les contes qui ont bercés notre enfance.

dimanche 12 mai 2013

Traqué d'Andrew Fukuda

Informations : 
Auteur : Andrew Fukuda
Titre VO : The Hunt
Michel Lafon Jeunesse
344 pages
15,95€

Quatrième de couverture : 
Gene est l'un des derniers humains sur Terre. Son seul moyen de survie : se faire passer pour l'un de ses prédateurs. Ne pas rire, ne pas transpirer, ne pas montrer qu'il est un "homiféré". Cela fait dix-sept ans qu'il se fond parmi ceux qui n'hésiteraient pas à le tuer s'ils découvraient sa véritable nature. 
Chaque décennie, le gouvernement organise un immense jeu où une poignée de privilégiés peuvent pister et dévorer les rares humains retenus en captivité pour l’événement. Sélectionné pour traquer les derniers des siens, Gene ne peut commettre de faux pas. D'autant qu'une mystérieuse fille éveille en lui des sentiments qu'il n'a pas le droit d'avoir. Des sentiments qui pourraient le trahir. 
Gene a la rage de vivre... mais vaut-elle le prix de son humanité ? 

Mon avis : 
J'étais assez dubitative avant même de commencer ma lecture, parce que je voyais naître un peu partout autant d'avis positifs que négatifs. Sans un côté se démarquant plus que l'autre, je me plongeais totalement dans l'inconnu. Je viens de refermer Traqué et je m'estime très chanceuse. Parce ce livre m'a touchée, c'était un livre pour moi. J'y ai vu, plus que de très bonnes idées, de la profondeur. C'est un angoissant coup de coeur. 

Les prédateurs. Certains disent que ce sont des vampires, sans nuance possible. D'autres les appellent "Les autres". Alors que ces termes n'ont jamais été évoqués dans le roman. Au contraire, ce sont, pour notre personnage et humain principal "les gens normaux", ou "des personnes". Dès que j'ai remarqué cette appellation étrange pour des prédateurs, j'ai relevé cet étonnant syndrome de Stockholm (après tout, ce survivant est bien un otage de ses ravisseurs, puisqu'il vit parmi eux, sans cesse en danger...) et la façon qu'avait notre héros de se sentir, lui, différent des autres. D'être un intrus parmi les gens normaux. Alors que ce sont les prédateurs les gens différents, qui ont envahi la race humaine et l'ont presque totalement éliminée ! 
Gene est étonnant, c'est un personnage si complexe... Il a grandi parmi eux, depuis toujours, et grâce à son père qui lui a inculqué les réflexes de survie, il sait comment se protéger... Mais cela n’empêche pas qu'à cause de l'éducation prodiguée par la société, qui le fait se sentir différent, il se sent très seul, intrus parmi les autres, qu'il ne déteste peut être pas franchement.

Pour ma part, et contrairement à quelques lecteurs agacés, je n'ai pas été dérangée par la ressemblance avec les vampires (pourquoi ces vampires en particulier n'auraient pas de nom, et ne seraient pas des séducteurs ? Pourquoi CES vampires auraient une partie des caractéristiques du mythe, mais pas toutes ?). J'ai tout de suite pensé à des extra terrestres, comme dans la série télé V 2009. Puis de toute façon, on ne sait pas d'où ils viennent, on est directement plongé dans ce contexte où ce sont eux, les vainqueurs, infiltrés sous des traits humains, mais au corps répugnant, parfois... Ces méchants, ces prédateurs, sont terrifiants. Leur comportement, sauvage, déroutant, animal, transposé et réalisé par des corps humains rend leur description très malsaine. Malgré ces caractéristiques peu envieuses, Gene, notre survivant, a su s'infiltrer et se faire passer pour l'un deux, en adoptant le même comportement. Animal et répugnant. (Ce sont les qualificatifs qui reviennent très fortement dans ma tête pour décrire, au mieux,ces prédateurs...) 

Heureusement, les informations révélées par le résumé passent vite dans le récit, et ainsi, elles n'ont pas trop dévoilé l'intrigue. Comprendre là que les rouages s'actionnent très vite, et qu'on est lancé dans l'aventure aussi vite que Gene. Qu'est-ce que j'ai aimé ce personnage ! Son comportement  à un certain moment change du tout au tout, sans prévenir, mais c'est finalement logique, cela le rend vrai et authentique. Déjà, avec lui, on avait redécouvert le rire, des faits et des bonheurs simples. Comme si la race humaine nous avait toujours été étrangère, comme à Gene. C'est une société sans trace humaine qu'il a connu, ce qui fait qu'on comprend ses réactions, sa manière de parler et de penser. Des tas de points très particuliers le concernant m'ont fait l'apprécier, et m'ont montré qu'il restait encore beaucoup de mystère et de potentiel dans ce personnage. 
A travers lui, dans chaque description de ce monde angoissant, on découvre toujours une touche de poésie, pas forcément d'espoir... Car sa société est trop violente, la peur y règne constamment. Mais on découvre des instants de répit, grâce à des émotions très humaines, qui ramènent au principal : l'humain qui survit parmi les prédateurs. 

Enfin, concernant la qualité du livre, il est d'une très bonne conception, avec une correction soigneuse, et une écriture agréable. Les quelques erreurs ou points faibles dans la narration m'ont paru trop ridicules pour être relevés au final et ne m'ont pas dérangée pour l'apprécier et surtout rentrer totalement dans cette aventure. 

Entre les sentiments, les impressions, les contradiction, la confusion, la sensualité, le charnel, la culpabilité... J'étais totalement rentrée dans l'univers, durant cette lecture. Je ne serai pas hantée, comme le dit la citation en couverture, mais je suis plus que ravie d'avoir découvert cet ovni littéraire. Ce livre est déjà très important pour moi, car il a su montrer qu'encore une fois, on peut trouver des choses très profondes dans la littérature young adult. 

vendredi 10 mai 2013

La Dernière Lame d'Estelle Faye

Informations : 
Auteur : Estelle Faye
Editions Le pré aux clercs, collection Pandore
451 pages
16€

Quatrième de couverture : 
Un monde qui ressemble à notre Renaissance, menacé par la montée des océans grouillant de créatures maléfiques, où règne la violence, la famine et la misère. L'Eglise des Cendres prospère sur tout ce désespoir, menée par la mystérieuse Marie aux yeux verts. Dans une des dernières villes émergées, Joad tente d'apaiser les souffrances et se prépare à affronter l'Armée des Cendres. Joad et Marie vont s'engager dans une course dont l'enjeu n'est rien de moins que le sort du monde.

Mon avis : 
Je suis ressortie un peu mitigée de cette lecture. Je ne m'attendais pas à un écrit étonnant, car je savais que j'allais tomber dans un monde "proche de notre Renaissance", qui n'aurait pas des éléments prêts à me surprendre dès les première pages. Mon impression générale sera au final malheureusement plutôt négative, puisque en lisant ce livre... je me suis ennuyée. 

La narration était lente, vraiment trop lente, et elle ne me captivait pas, alors que le choix d'écrire à un tel rythme était juste : cette lenteur était une parfaite représentation de la crue qui monte au fil des ans, et engloutit le monde. 
Malgré cette lenteur dans le texte, les années, dans l'histoire, passaient trop vite ! Même si cela était nécessaire pour faire avancer toutes les étapes de cette longue histoire, les personnages étaient au final peu affectés par le temps, juste au minimum pour respecter la vraisemblance. Ce temps empêchait aussi de les découvrir et a fait ressortir leur manque de consistance. 

Les personnages secondaires étaient les plus intéressants, ils auraient gagné à avoir plus de place dans le récit, quitte à en prendre un peu aux descriptions, trop lentes et nombreuses pour du young adult. D'ailleurs, on ne retrouve pas les codes du genre, ici ils sont totalement bafoués ! Le héros ou l'héroïne ne vivent pas de romance, et ne sont pas en devenir, en transformation ... Faut-il penser que ces caractéristiques concernent le monde tout entier, qui lui est en destruction, en voie de disparition pour devenir autre chose ? Une idée qui en ferait définitivement une oeuvre à part et qui justifierait certains choix...

Concernant ce monde, j'ai aimé les descriptions des changements dans le comportement des animaux et leur évolution : de spécimens normaux et probables, ils deviennent des créatures surnaturelles étranges... Même si l'utilisation de la magie était peu osée et décrite dans le roman, grâce à ces créatures, j'ai vraiment aimé ce petit côté surnaturel. Pour la partie terrifiante, les prêtres, les façonneurs, le métal disparaissant et l'Ombre, cette force maléfique, faisaient vraiment bien leur boulot. Mystérieux et redoutés. 

Malheureusement certains personnages n'ont été qu'effleurés et oubliés (Julian occupe une bonne partie du récit pour connaître une étrange fin...) et le point qui m'a le plus déçue sera aussi celui qui m'a le plus ravie : Marie. 
J'ai adoré Marie des cendres, cette terrible guerrière. C'est un très bon personnage, noir, complexe... J'ai aimé la suivre, en apprendre plus sur ses souvenirs, savoir comment elle évoluait et elle pensait, ce qui la poussait à agir de cette manière... Tout en elle m'a semblé sonner juste, du début à la fin. Quel dommage alors de la quitter de cette manière, alors qu'elle a été le seul vrai personnage principal tout au long de ce périple !!!! Cet au revoir n'aurai pas été à la hauteur du personnage selon moi ... 

En bref, le personnage de Joad ne m'a pas emballée, alors que Marie m'a passionnée. Les côtés surnaturels, bien que très intéressants et mystérieux, ont été trop peu effleurés pour satisfaire ma curiosité et mon envie d'en savoir plus sur ce monde. Mais cette crue, et cette avancée, se sont déroulés de façon vraiment, vraiment trop lente. Il n'y a pas eu assez de péripéties pour contrer ce côté lent de l'histoire, pour me réveiller et attiser mon envie de lire. 

Cependant, je reste curieuse de lire autre chose d'Estelle Faye, me demandant si cette auteur écrit toujours de cette façon, que je n'ai, au final, pas détesté, c'est juste très différent de ce que je lis habituellement, moins rythmé, alors qu'elle a visiblement de vraies bonnes idées pour construire un univers de Fantasy.